Les villages Akamasoa, « paradis » des sans-abris

Les villages Akamasoa, « paradis » des sans-abris

Dans mon dernier billet, j’ai surtout parlé du phénomène de bidonville qui continue de gangrener les grandes villes malgaches. Antananarivo compte à elle seule plusieurs quartiers défavorisés où des milliers de ménages n’ont aucun autre choix que de vivre dans des taudis.

Le cas de « La Réunion kely », ce quartier des sans-abris longeant le canal d’Andriantany est particulièrement alarmant dans la mesure où plusieurs milliers d’individus y survivent dans des terribles conditions. La dignité humaine n’y semble plus avoir aucun sens. S’entassant dans des petites cases faites surtout de sachets en plastique ou d’autres matériaux rudimentaires, ces familles sont dépourvues de tout. Pire, pour beaucoup d’entre elles, le canal constitue l’unique source d’eau pour certains besoins quotidiens alors qu’il s’agit en même temps d’une « latrine géante »  à ciel ouvert, notamment pour les enfants. Outre l’insalubrité, l’insécurité y règne manifestement de manière permanente.

Certaines associations caritatives s’efforcent tant bien que mal de sortir ces ménages de cette misère dont la plus médiatique étant l’Association Hafari malagasy. Cette dernière est actuellement en train de créer une zone d’accueil des sans-abris en dehors de la capitale dans le cadre d’un projet d’exode urbain en collaboration avec le ministère de la population et d’autres partenaires.

Force est cependant de reconnaître que parmi toutes les associations de ce genre, Akamasoa mérite une mention spéciale. Sous l’égide du père Pedro Opeka, cette association a fait depuis 1989 plus que tous les gouvernements qui se sont succédé, en matière de réinsertion sociale des sans abris et d’accompagnement des ménages malgaches les plus démunis. Elle s’est distinguée par la création de cinq centres d’hébergement répartis dans les banlieues de la capitale.

Le Père Pedro Opeka, un grand bâtisseur !

Ayant pour principal objectif d’assurer la réhabilitation humaine et la réinsertion économique et sociale des plus pauvres, les actions d’Akamasoa ont permis d’extraire quelques milliers de familles du dénuement total et de la misère. En effet, plus de 2900 ménages qui vivaient dans des pires taudis, près des bacs à ordures ou tout simplement dans les rues d’Antananarivo sont actuellement domiciliés dans des logements sociaux répartis dans les cinq centres d’accueil de l’association.

Ces centres sont composés d’une vingtaine de villages appelés « Villages Akamasoa ». Ces logements décents sont caractérisés par leurs aspects architecturaux plus ou moins homogènes. Construits à l’aide essentiellement de matériaux locaux, ils se singularisent par leur simplicité et leur niveau de confort qui sont adaptés aux besoins des ménages bénéficiaires. Ces bâtiments respectent également un alignement bien défini traduisant un plan d’aménagement préalablement établi où les constructions sauvages n’ont pas de place.

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Accompagnement jusqu’au « paradis »

L’emplacement de ces centres semble également avoir été choisi de façon à ce que les familles puissent exercer facilement différents métiers dans les environs sans être obligées de faire des déplacements vers la capitale quotidiennement. En effet,  la plupart de ces ménages s’adonnent à des travaux manufacturiers dans les carrières, la construction des maisons, la confection, l’artisanat d’art, l’atelier de tuiles, l’atelier de soudure et de mécanique, l’atelier de menuiserie situés dans ou aux alentours immédiats de leurs centres d’hébergement respectifs.

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Les œuvres d’Akamasoa ne se limitent pas uniquement aux logements sociaux et à la création d’emploi mais s’étendent jusqu’à la scolarisation des enfants et au domaine de la santé. C’est ainsi que des écoles (primaire et secondaire), un lycée, des crèches et des dispensaires ont été construits par l’association, sans oublier les autres infrastructures comme les marchés et les églises. Plusieurs autres villages limitrophes bénéficient également de l’existence de ces équipements socio-collectifs.

Enfin, chose incroyable, Akamasoa ne se contente pas de s’occuper du bien être de ses protégés de leur vivant, mais s’est également attelée à aménager des cimetières pour les accueillir quand ils tirent leur révérence.

Le bon samaritain reconnu mondialement

D’après le journal L’Express de Madagascar, le Père Pedro Opeka (Photo ci-après, piquée sur la toile) devrait recevoir ce jeudi 29 octobre 2015 le très prestigieux prix « Spirit of Service Award » décerné  par le St. John’s University lors de la cérémonie du 18ème Annual President Dinner à New York.

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Si les actions de Père Pedro sont donc reconnues mondialement, ce n’est toujours pas forcement le cas à Madagascar, son pays d’accueil et dans lequel il a toujours œuvré pour le bien des milliers de pauvres gens depuis plusieurs années. Ce billet est ainsi un hommage à ce Prêtre, pas comme les autres.

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