Comment concilier conservation de la biodiversité et développement local ?

Comment concilier conservation de la biodiversité et développement local ?

Ce billet donne quelques exemples d’actions que nous avons menées dans certaines localités rurales de Madagascar afin d’améliorer les conditions de vie des paysans tout en contribuant à la conservation de la biodiversité. Ces activités génératrices de revenus ont été réalisées essentiellement dans le cadre de projets environnementaux qui visaient à apporter une aide significative à la promotion de l’utilisation durable des ressources naturelles par les communautés locales de base en vue d’une meilleure protection de la biodiversité.

La filière artisanat pour les femmes

Dans une localité rurale dans la Région Sud-ouest de Madagascar, la vannerie a été lancée pour l’exploitation de deux types de ressources appelés respectivement « vondro » et « vinda ». Ce sont deux espèces de roseaux colonisant de nombreuses zones marécageuses dans cette Région. Depuis des années, la population locale voire régionale bénéficiait de l’abondance de ces ressources, leur présence en grande quantité dans les marchés locaux et communaux en est la preuve. Le prix est généralement accessible à toutes les couches de population. Au niveau des producteurs, les techniques d’exploitation, notamment de séchage selon la période de l’année, sont déjà maîtrisées. Les produits sont disponibles après seulement une simple opération de séchage de deux ou trois semaines.

La vente de ces produits à l’état brut ne nourrit cependant pas son exploitant malgré le poids du travail fourni. En plus, l’exploitant supporte les coûts de transport des matières vers les marchés les plus proches. Ainsi, afin de donner une valeur ajoutée plus conséquente à l’activité, il a été décidé de procéder à la transformation de ces produits naturels en articles artisanaux à travers la mise en place de la filière vannerie.

Pour cela, un groupement de femmes artisanes a été formé et acquis un certain niveau de capacité technique en matière de confection d’articles artisanaux. Le temps consacré à l’activité de vannerie dépend de deux facteurs : les conditions climatiques et le cycle annuel d’activités agricoles. Mais généralement, ce temps suit le rythme des travaux agricoles. Au retour à la maison et après avoir préparé le repas, les femmes artisanes peuvent se mettre aux activités techniques de tressage et de tissage.

La menuiserie pour les hommes

L’exploitation illicite de bois constitue un des facteurs majeurs à l’origine de la dégradation forestière à Madagascar. La pauvreté ambiante incite les populations riveraines des forêts à continuer cette pratique d’autant plus que ce ne sont pas les collecteurs illégaux des produits ligneux qui manquent. Paradoxalement, laissée sans aucune forme d’exploitation, la forêt constituera un objet de frustration pour les paysans. L’exploitation réglementée des bois par leur transformation peut constituer une alternative durable alliant conservation de la biodiversité et valorisation des ressources forestières.

La filière menuiserie est souvent une filière assez nouvelle dans le système de production en milieu rural. La fabrication des meubles ménagers, la construction des boiseries des cases d’habitat se font d’une manière rudimentaire. La hache est le seul matériel de travail du bois, servant à la fois de scie, de rabot et de marteau. Outre l’appropriation des techniques et des pratiques propres à la menuiserie, la formation a également embrassé les techniques d’exploitation forestière (identification des essences exploitables, méthode de coupe, respect du quota, zonage et rotation, …). Les espèces à utiliser sont ainsi bien définies. Il en est de même pour la quantité à prélever annuellement.

La gamme de produits de menuiserie reste relativement restreinte dont chaise, table, tabouret, étagère de rangement, roue de charrette… Seulement, les menuisiers peuvent utiliser les techniques de base acquises dans la confection des autres modèles voulus.

L’apiculture pour tout le monde

Les forêts tropicales de Madagascar sont un cadre idéal à la persistance de collecte de miel sauvage. De plus, le système agricole peu diversifié amène les populations rurales à collecter mécaniquement ce miel sauvage et d’autres produits alimentaires en forêt. Il est essentiel de souligner que la technique traditionnelle utilisée pour la collecte de miel est à l’origine de la perte d’une étendue non négligeable de la forêt. Cette technique consiste en effet à (1) abattre à la hache l’arbre porteur de la ruche, si celle-ci se situe en hauteur, et (2) à utiliser le feu pour faire fuir les abeilles. Dans ce deuxième cas, le feu non maitrisé peut donner naissance aux incendies dévastateurs, qui amènent à la destruction des habitats naturels.

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Un autre sous-projet que nous avons mené toujours dans le Sud-ouest de Madagascar visait à développer l’apiculture moderne par la formation des paysans pour éviter justement cette technique traditionnelle destructrice de la forêt. Le sous projet apiculture consistait en la livraison des ruches et des équipements de suivi et de contrôle (masques à voile avec chapeau, gants, combinaisons, brosses à abeilles, lèves cadres) aux paysans, et l’accompagnement technique dans la construction des ruchers et l’élevage apicole.

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En moyenne, une ruche produit 5 litres de miel au cours de la première production. Cette quantité augmentera pour les cycles suivants. Deux (2) récoltes sont attendues au cours d’une année.

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