Projet Lalankely, quand l’urbanisme redonne le sourire à nos quartiers

Projet Lalankely, quand l’urbanisme redonne le sourire à nos quartiers

Dans la grande mosaïque des chantiers qui transforment Madagascar, nos yeux sont souvent rivés sur les géants tels que les grandes routes nationales ou les bâtiments imposants. Pourtant, d’autres projets, plus discrets, changent la vie tout aussi profondément. C’est le cas du projet Lalankely, qui s’attaque à ces artères vitales que nous empruntons tous les jours, c’est à dire nos ruelles.

Nous connaissons tous par cœur l’état de ces petits chemins qui serpentent entre nos maisons. Pendant des décennies, elles ont été les grandes oubliées. Sinueuses, fatiguées, se transformant en véritables pièges de boue dès les premières pluies, elles rendaient le quotidien éreintant. Aller au marché ou rentrer chez soi devenait un parcours du combattant, surtout pour nos aînés et nos enfants. C’est ici que Lalankely intervient, comme une véritable bouffée d’oxygène pour nos quartiers.

Un partenariat solide pour le développement local

Ce projet ne sort pas de nulle part. Orchestré par l’AGETIPA, il bénéficie de soutiens de poids, comme l’Agence Française de Développement. Mais l’objectif dépasse les simples financements car il s’agit d’humaniser nos villes. Lalankely touche au cœur même de nos lieux de vie.

L’idée n’est pas seulement de couler du béton pour faire joli, mais de désenclaver des quartiers entiers où la densité de population est forte. C’est aussi une question de santé et de sécurité car en créant des canaux d’évacuation, on assainit l’environnement et on sécurise nos pas.

Des transformations visibles et concrètes

Il suffit de se promener pour constater le changement. A Antananarivo, le visage de certains quartiers s’est métamorphosé. Prenons par exemple le récent soulagement vécu à Ambodivoanjo, dans la commune d’Ankaraobato. C’est l’illustration parfaite de la réussite du volet Lalankely III. Pendant des décennies, les habitants y ont vécu la peur au ventre à chaque saison des pluies. Leur axe principal, long de 500 mètres, n’était que boue et trous béants, isolant presque le quartier du reste du monde. Grâce aux travaux, tout a changé. Le terrain a été nivelé, des drains efficaces ont été posés pour chasser l’eau et la chaussée a été stabilisée. Ce qui n’était qu’un calvaire est devenu une route solide, praticable toute l’année.

Le projet a aussi entre autres permis de rénover les ruelles pavées mythiques menant vers la Haute Ville et le Rova. Non seulement cela facilite la vie des riverains de ces collines escarpées, mais cela permet aussi aux visiteurs de redécouvrir notre patrimoine historique avec plaisir. Dans les bas quartiers, certains chemins autrefois inondés sont devenus propres et éclairés, rendant leur dignité aux habitants.

Un véritable levier économique et social pour tous

Ce qui rend Lalankely si spécial, c’est aussi sa façon de faire. Contrairement aux immenses chantiers routiers souvent gérés par des multinationales et leurs grosses machines, ici, on privilégie l’humain et le local. Les travaux demandent beaucoup de bras, c’est ce qu’on appelle la Haute Intensité de Main d’Œuvre.

On fait donc appel aux PME et aux entreprises de chez nous. C’est un cercle vertueux. D’abord, cela crée de l’emploi pour les jeunes du quartier même. Ensuite, c’est peut-être le plus important, les riverains respectent et protègent davantage ces infrastructures, car elles ont été construites par la communauté, pour la communauté. Il est toutefois important de veiller à ce que ces emplois, réalisés dans des conditions parfois exigeantes, garantissent la sécurité des travailleurs, notamment par la mise à disposition d’Équipements de Protection Individuelle (EPI) adéquats.

Le projet Lalankely nous prouve qu’en urbanisme, les petites interventions peuvent avoir une puissance incroyable. En améliorant simplement le chemin devant notre porte, c’est toute la ville qui se met à mieux respirer. Le travail reste immense tant nos ruelles sont nombreuses, mais la voie est tracée pour un avenir plus humain et plus inclusif.

Rasamy

(Certaines photos utilisées pour illustrer cet article ont été prises sur Facebook)

2 réflexions au sujet de « Projet Lalankely, quand l’urbanisme redonne le sourire à nos quartiers »

  1. Merci pour cet article qui apporte beaucoup d’espoir. Je le diffuse auprès de mes voisins pour faire avancer ce genre de projet dans notre quartier.
    Je pense que cet article pourrait être porté à la connaissance du plus grand nombre de citoyens, notament par une diffusion dans les établissements scolaires de tout niveau. Cela peremttrait au plus jeunes, majoritaires à Madagascar de participer concrétement à construire leur avenir et leur permettrait de renverser l’envie de rêver à partir vers des pays où « lherbe serait plus verte »

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