Financements de la banque mondiale, entre polémique et réalité

Financements de la banque mondiale, entre polémique et réalité

Les financements des bailleurs de fonds traditionnels en général et de la banque mondiale en particulier font toujours polémiques à Madagascar. Les propos de ceux qui se disent nationalistes sont les plus virulents quant aux critiques sur le recours à ces financements pour le développement du pays. Pourrions-nous réellement se passer de ces aides financières?

Ce billet n’a pas pour objectif de répondre clairement à cette question ni de faire une évaluation de ces projets financés par la banque mondiale à Madagascar, mais essaie tout simplement d’apporter un autre point de vue en relatant des faits que j’ai pu constater sur les terrains. Il ne s’agit donc en aucun cas ici de mesurer la pertinence, l’efficacité et encore moins de l’efficience de ces projets, des critères standards qu’on utilise pour une évaluation d’un projet ou programme, mais uniquement de citer des preuves justifiant l’importance de ces aides pour la population, notamment si l’argent est utilisé à bon escient. A la limite, mes récits pourraient être considérés comme une description simplifiée  des impacts positifs de quelques projets financés par cette institution du Bretton Woods. Les points communs de tous ces projets sont la création de plusieurs centaines d’emplois et leurs impacts directs sur les populations bénéficiaires.

Le projet PIC, des réalisations touchant directement la vie de la population urbaine:

L’intervention du projet PIC dans la ville de Fort-dauphin a servi entre autres à la rénovation totale des voiries urbaines. Pratiquement, toutes les routes communales y ont fait l’objet d’une complète réhabilitation. Il en est de même pour la route longeant le littoral permettant la liaison rapide des deux extrémités de la ville. Le projet PIC a également inscrit parmi ses actions l’établissement des documents de planification territoriale à l’échelle régionale et communale, à l’instar du schéma régional d’aménagement du territoire (SRAT) de la Région Anosy et du plan d’urbanisme directeur (PUDi) de l’agglomération de Fort-dauphin. Ce dernier document a surtout confirmé la nécessité de l’instauration d’une zone d’investissements de 440ha dénommée Ehoala Park située près du nouveau port de Fort-dauphin, une grande première pour Madagascar. La banque a d’ailleurs contribué à la construction de ce grand port d’Ehoala dont les impacts sont déjà énormes ne serait-ce que sur le secteur tourisme, suite à l’arrivée fréquente des paquebots emmenant des milliers de croisiéristes dans cette ville touristique. Outre le bitumage des routes de la ville, l’on peut également citer comme résultats concrets de ce projet la construction des ruelles en pavé, le remplacement de presque toutes les conduites d’eau potable, l’octroi de fils conducteurs pour l’éclairage public. Bref, ce sont des actions touchant directement la vie de la population urbaine.

Photo: site Edbm (voir ici)

Les réalisations financées par la Banque mondiale à travers le Projet PIC sont également très importantes à Nosy Be, telles que la réhabilitation des routes de la ville ainsi que d’autres travaux d’aménagement, d’assainissement et d’adduction d’eau. A ces travaux s’ajoute la construction de la voie rapide depuis l’aéroport de Fascène pour rejoindre Andilana en une vingtaine de minutes seulement. En effet, les actions du projet PIC à Nosy Be ont permis la réhabilitation des voies reliant Fascène au Carrefour du Mont Passot, un tronçon débutant au croisement de la route d’Andilana et s’achevant au carrefour du Mont Passot, la route du village Indien vers Ambatozavavy puis d’Ambatozavavy vers la route de l’aéroport.

Le port de Nosy Be montre également un nouveau visage suite à d’importants travaux de réhabilitation sur financement du projet PIC. Ces aménagements ont consisté en l’extension de la superficie et de la capacité portante des terres pleins, la sécurisation du port, l’amélioration du temps de manutention des marchandises, ainsi que celle des conditions d’embarquement des passagers.

Le projet BVPI à Andapa, un appui direct pour le développement en milieu rural :

Parmi les principales réalisations du projet BVPI (Bassins Versants Périmètres Irrigués) figure la réhabilitation du barrage hydro-agricole à Andapa. Ayant une largeur de 50 mètres, ce barrage est bâti sur la rivière Ankaibe et est relié à 6 Km de canaux pour permettre l’irrigation de 2100 hectares de rizières au grand bonheur de plus de 6000 ménages. Notons que cet ouvrage a cessé de fonctionner depuis une trentaine d’années, suite à l’arrêt de la SOAMA. Une aubaine pour les agriculteurs de ce quatrième grenier à riz de Madagascar après Ambatondrazaka, Marovoay et Itasy.

photo: http://www.orange.mg

Les infrastructures de cette envergure sont indispensables pour l’augmentation de la production au niveau régional voire national. Elles engendrent indiscutablement des conséquences positives directes sur les conditions de vie des paysans par l’amélioration de leurs revenus. Parallèlement, le projet a  mis l’accent sur la vulgarisation des techniques améliorées afin de générer un surplus de production.

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Photo prise pendant les travaux

Programme environnemental, un soutien non négligeable pour la protection de la biodiversité et l’amélioration des conditions de vie des communautés riveraines des aires protégées :

La banque mondiale a toujours été le plus grand bailleur des projets environnementaux à Madagascar, ayant permis entre autres résultats palpables, la création et/ou l’extension de plusieurs dizaines d’aires protégées, notamment celles gérées par MNP. Malgré de nombreuses critiques sur la dégradation des forêts qui continue de sévir dans plusieurs parties du pays, ces actions ont surtout aidé à la protection d’une partie importante de la biodiversité malgache. Il faut souligner que contrairement à d’autres formes de financement qui ont plutôt focalisé leurs actions sur la conservation pure et dure, la banque mondiale a toujours prôné la politique de sauvegarde sociale dans le cadre de ces projets de création ou d’extension de parcs nationaux ou réserves naturelles. Cette procédure de sauvegarde consiste essentiellement à compenser les pertes enregistrées par les personnes affectées par les nouvelles règles d’usage de ces zones protégées. Ces pertes sont surtout liées aux restrictions d’accès aux ressources naturelles.

IMG_0234 Dotation matériels agricoles

C’est dans le cadre de cette politique de sauvegarde que des sous-projets AGR ou activités génératrices de revenus ont été mises en œuvre dans les zones périphériques d’une trentaine d’aires protégées (Andohahela, Isalo, Ambohitantely, Ankarafantsika, …), tout en apportant des techniques innovantes pour obtenir un plus grand rendement agricole ou d’élevage en vue d’au moins mitiger les effets de cette création, pour que les impacts ne soient néfastes sur les revenus et les modes de vie des communautés rurales mais la rétablissent, voire même l’améliorent.

nouveau bâtiment scolaire à Iaborano Salle de classe réhabilitée Ranohira bas

Encore plus important, la banque mondiale a continué de financer même durant la crise politique des sous-projets de construction d’infrastructures permettant l’amélioration des conditions de vie des communautés riveraines de ces aires protégées, tels que des micro-barrages hydro-agricoles, des écoles primaires, des ponts, …

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