A qui profite …. la route? 

L’Etat a décidé d’entamer des travaux d’élargissement de deux axes routiers  dans la Capitale, à savoir la route reliant Ankorondrano et Besarety en passant par Andravoahangy et celle entre le marché du Pochard et le rond point Antanimena. Ces rues actuellement à deux voies seront transformées en quatre voies.

En ce qui concerne le premier axe, le projet vise également la construction de nouveaux ronds points à Ambodivona et au marché d’Andravoahangy ainsi que la réhabilitation de la chaussée à Ambodin’i Mascar. Parallèlement, des arrêts-bus et des canaux d’évacuation des eaux usées feront l’objet d’aménagement le long de cet axe. Quant à l’axe Soarano, Behoririka et Antanimena, il est prévu la mise en place d’un îlot central devant le building Ramaroson et l’implantation d’un rond point devant Magro-Behoririka.

Voilà une nouvelle qui devrait réjouir les Tananariviens en général et les automobilistes en particulier. Comme d’habitude, au lieu d’apprécier la beauté de la rose, certains ne voient que les épines. Pour ma part, peu importe l’institution qui prendra en charge la réalisation de ces projets, je suis convaincu qu’Antananarivo a plus que jamais besoin de renouveler, d’étendre et d’élargir ses infrastructures routières. De tels travaux sont attendus depuis très longtemps pour désengorger les artères d’Antananarivo en réduisant les embouteillages monstres que les citadins endurent quotidiennement avec leurs effets néfastes sur la santé, l’économie, le paysage urbain, etc.

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs :

On connait déjà depuis longtemps les principales causes de ces bouchons interminables. Il y a tout d’abord les comportements irresponsables des conducteurs des transports en commun et d’autres automobilistes qui feignent d’ignorer le code de la route, puis la prolifération des marchands illicites qui occupent éternellement les trottoirs réduisant de beaucoup la voie circulable, ainsi que les constructions illicites ne respectant aucunement l’alignement prévu par le code de l’urbanisme. Sur le plan technique, plusieurs axes débouchent sur une seule voie entravant brusquement la fluidité de la circulation.

L’élargissement des routes ne pourra ainsi apporter une solution pérenne à ces embouteillages  sans des mesures d’accompagnement efficaces permettant de résoudre en même temps les autres obstacles d’ordre social cités précédemment. En  revanche, il s’agit du moyen technique le plus réaliste pour le moment. D’autres solutions existent, comme la construction de ponts, d’échangeurs ou de voies souterraines, mais elles nécessitent des fonds d’investissement colossaux difficilement trouvables à court et moyen terme compte tenu de la difficulté financière que l’Etat traverse actuellement.

Dans l’histoire de l’urbanisme, de telles initiatives constituent toujours une source de mécontentements pour les riverains de ces rues qui se sentent lésés suite à la démolition éventuelle de leurs habitations ou aux rétrécissements incontournables de leurs parcelles. En effet, d’après la CUA ces travaux entraîneront inévitablement la démolition de quelques constructions comme les locaux de commerce en bois à Andravoahangy, le mur de la gare de Soarano et celui du marché du Pochard ainsi que des habitations sans permis de construire.

Les opérations d’urbanisme de ce genre, de surcroît dans une grande cité comme Antananarivo s’accompagnent toujours de sacrifices, parfois énormes, qui désavantagent certains ménages mais au bénéfice du plus grand nombre. C’est pourquoi, il faut avoir une volonté politique sans faille pour mener à terme un tel projet.

Procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique:

Juridiquement, la mise en œuvre d’une telle opération doit être précédée d’un décret Déclaratif d’Utilité Publique (DUP) pris en conseil des ministres. Ce décret devrait déterminer de manière précise les biens et les personnes qui seront touchés par le projet et auxquels devront s’appliquer une procédure d’expropriation. Selon la législation malgache, cette procédure a un caractère impératif et de type descendant c’est-à-dire du pouvoir central vers la communauté cible. La loi oblige toutefois l’information des victimes par des canaux administratifs.

L’indemnisation se fait en principe par espèces, mais seuls les propriétaires ou titulaires de droit réel sont indemnisés. En d’autres termes, tous les occupants illicites ne peuvent prétendre à une quelconque indemnisation selon notre législation. Par ailleurs, l’ordonnance 62-023 stipule que l’indemnité d’expropriation ne doit couvrir que le préjudice direct, matériel ou certain causé par l’expropriation. Elle ne peut s’étendre au préjudice incertain et éventuel.

Quels que soient les avis des uns et des autres sur « ces projets présidentiels », force est de reconnaître que ces travaux d’élargissement des routes sont d’utilité publique. Il appartient donc à l’Etat d’engager la procédure d’expropriation après adoption d’un DUP. Il ne doit plus rebrousser chemin et il faut l’encourager dans ce sens.

Je trouve bizarre l’attitude de certaines personnes qui émettent des critiques acerbes sur les réseaux sociaux et dans certains journaux quant à la pertinence de ces travaux alors qu’elles n’ont jamais cessé d’houspiller l’immobilisme de l’Etat face aux problèmes d’embouteillages à Antananarivo. Quel paradoxe!!!

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