A la rencontre des Mikea

A la rencontre des Mikea

Les Mikea sont les dernières populations indigènes de Madagascar. Cette tribu vit dans la vaste étendue de forêt sèche qui porte d’ailleurs son nom, la forêt de Mikea, dans le Sud-ouest de Madagascar. La rencontre avec une famille Mikea est possible grâce entre autres à l’initiative de Mikea Lodge, un site touristique situé à une centaine de kilomètres de Toliara, au bord de la mer et à la lisière de la forêt de Mikea. Notre visite dans cette forêt s’est fait avec l’aide d’un guide accompagnateur de Mikea Lodge. Notre rencontre avec la famille Mikea a eu lieu en pleine forêt sèche.

Mikea, un peuple qui vivait en cachette 

Historiquement, les Mikea vivaient toujours en cachette depuis le XVIII ème siècle suite à l’invasion des colons. A force d’y rester, ils sont devenus de vrais chasseurs-cueilleurs. Ils ont longtemps fui la civilisation et ont préféré le mode de vie simple voire sauvage sans aucune once de modernité, d’où d’ailleurs le terme Mikea qui signifie littéralement « qui ne veut pas être poursuivi ».

Cependant, cela ne semble plus être le cas actuellement, beaucoup de Mikea ont déjà quitté la forêt. D’autres continuent d’y vivre mais sont déjà en contact plus ou moins permanent avec l’extérieur. Notez que contrairement aux idées reçues, les Mikea ne ressemblent pas du tout aux Pygmées qui sont de petite taille.

Les Mikea parlent un dialecte très proche de celui des Masikoro, une autre ethnie vivant dans le Sud-ouest malgache et à laquelle ils semblent d’ailleurs très proches socialement. L’entrevue avec la famille Mikea est une occasion pour les visiteurs de connaître leur mode de vie et leur culture.

En effet, ils vivent essentiellement de la chasse et de la cueillette dans la forêt. Ils partent ainsi quotidiennement à la chasse des animaux sauvages comme les hérissons et les porcs épics. Ils recueillent essentiellement du miel sauvage et des ignames dont le fameux baboho (oviala) qui constitue leur aliment principal.

Pendant l’entrevue, le père de famille nous a montré comment allumer le feu de façon traditionnelle, sans l’aide d’aucune allumette. En cas de maladie, le recours à la médecine traditionnelle est bien évidemment de mise, et les adultes Mikea sont très expérimentés dans ce domaine. Même pour l’accouchement, certaines femmes Mikea gardent encore leur technique ancestrale et ne rejoignent pas les centres de santé. 

Comme pratiquement toutes les autres ethnies de Madagascar, la musique joue également un rôle important dans la vie sociale et spirituelle des Mikea. Pour cela, ils fabriquent différents instruments de musique à l’aide des ressources forestières, tels que le hochet et l’arc sur calebasse, sans oublier les sifflements et les cris qui les caractérisent. 

Forêt de Mikea, fortement menacée

Ce territoire forestier des Mikea s’étend sur 30 km de large en moyenne et 200 km de longueur depuis le District de Toliara II jusqu’à Morombe.  Une grande partie de cette zone forestière, de l’ordre de 180 000 ha, est partie intégrante du Parc National Mikea sous la gestion de MNP. Ce parc national terrestre est composé de forêt dense sèche, de fourré sur sable et sur calcaire, de lacs, de marais. Il abrite une multitude d’espèces faunistiques endémiques dont des lémuriens nocturnes et diurnes.  

Comme la vie de ce peuple dépend étroitement de l’existence de cette forêt, la déforestation constitue une énorme menace sur leur survie. Actuellement, beaucoup d’entre eux s’adonnent à l’agriculture et à l’élevage car les ressources naturelles dans la forêt s’amenuisent. Ils cultivent ainsi du riz et du maïs. 

Outre le fait qu’il s’agit du territoire de ces populations autochtones, la forêt de Mikea regorge également une importante richesse en biodiversité que ce soit en faune ou en flore. Elle abrite à titre d’exemple des baobabs ayant plus de 800 ans. Ces derniers font partie des principaux attraits touristiques de la forêt de Mikea. 

Force est toutefois de constater que cet environnement naturel des Mikea, et partant leur mode de vie, est fortement menacé par plusieurs phénomènes dont l’exploitation illicite de bois, la fabrication de charbon, l’urbanisation, la construction de routes, sans oublier l’industrie minière. 

Rasamy

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