Antananarivo en 2050

Antananarivo en 2050

A quoi ressemblera Antananarivo en 2050 ? Ce billet vous donne une idée du visage de la ville d’Antananarivo dans laquelle vivront nos petits-enfants.

Nous sommes le 01 janvier 2050. Antananarivo la Capitale de Madagascar est une ville prospère et moderne. Une ville où la salubrité est particulièrement frappante dans tous les quartiers, les ordures étant triées, recyclées et devenues une source de revenus non négligeable pour la Commune. Une ville agréable à vivre où la pollution urbaine est à un niveau le plus bas par rapport à l’ensemble de l’ancien Gondwana. Les routes et les réseaux d’assainissement répondent non seulement aux normes en la matière mais surtout aux besoins de ses quelque quatre millions d’habitants. Les infrastructures publiques sont très bien entretenues et le service des voiries de la CUA est considéré comme un modèle dans l’Océan Indien. Les constructions illicites sont quasi-inexistantes et les embouteillages sont rares.

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Des lignes de tramway relient respectivement Iavoloha, Ambohimangakely, Sabotsy Namehana et Ambohidratrimo à la gare de Soarano. Prendre les transports en commun étant un réel plaisir, seule une poignée de jeunes citadins inconscients et parvenus osent encore conduire leurs grands bolides en centre ville au mépris de la loi municipale y interdisant toute circulation en voiture. Les zones piétonnes sont généralement bien respectées dans plusieurs secteurs d’Analakely et à Antsahavola. Des téléphériques permettent de rejoindre en quelques minutes certains quartiers de la haute ville comme Ambondrona, Andohalo et Antaninarenina à partir d’Analakely et Anosy.

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Le long du Canal Andriantany, des immeubles contemporains ont pris la place des anciens bidonvilles. Une très grande majorité des ménages, pauvres ou riches, vivent dans des logements décents. Les habitations à loyer modéré mais de qualité foisonnent grâce essentiellement à une politique de logement bien adaptée au contexte local. A plusieurs endroits, la mixité sociale et les espaces communs sont devenus les règles et les villas individuelles des exceptions. Les panneaux photovoltaïques s’étant démocratisés, ils sont visibles un peu partout sur les toits, voire sur les  façades principales de beaucoup de maisons.

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Deux gares routières suffisamment spacieuses respectant les normes internationales sont opérationnelles depuis quelques années, à savoir la gare d’Andohatapenaka qui accueille les grands bus modernes desservant le Nord et le Sud de Madagascar, et celle d’Ambohimangakely pour la liaison quotidienne entre la capitale et la côte Est. Les accès et les emplacements des voitures ont été conçus de façon à bien assurer la fluidité de la circulation et à ce qu’aucun bouchon ne puisse y avoir lieu à aucune heure de la journée. Notons par ailleurs que le trajet entre Antananarivo et Toamasina s’effectue en trois heures de temps seulement contre six à huit heures comme ce fût le cas en 2015, et ce grâce à une très belle autoroute récemment inaugurée.

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Les travaux de rénovation urbaine qui ont été menés durement mais efficacement dans les  anciens bas quartiers d’Antananarivo ont permis de changer complètement les visages des  67ha, Ambodin’Isotry, Andavamamba, Antohomadinika, Manarintsoa, Isotry, Andranomanalina, Antetezana Afovoany. Toutefois, l’identité de 67ha comme étant le quartier le plus cosmopolite de Madagascar de par la composition ethnique de ses habitants, demeure intacte. L’ordre et la propreté y sont de rigueur.

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Les inondations ne sont plus à craindre grâce aux multiples mesures d’adaptation et d’atténuation mises en œuvre pour faire face aux changements climatiques avec l’appui financier des différents bailleurs. Parmi ces mesures, citons entre autres : le respect des zones dites inconstructibles, l’élargissement, le renforcement et le dragage de plusieurs rivières entourant la ville à l’instar d’Ikopa, de Sisaony et du canal d’Andriantany ainsi que l’abaissement du seuil de Bevomanga et l’aménagement de Farahantsana. Des anciennes zones tampons empêchant l’inondation de la ville ont été sauvegardées tandis que de nouvelles zones ont été créées conformément au nouveau plan d’urbanisme directeur du Grand Tanà.

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Le fleuve d’Ikopa constitue en même temps un attrait touristique majeur, très apprécié tant par les touristes que les habitants de Tanà, suite à l’existence de deux bateaux mouches qui relient continuellement Ambohimanambola et Ambohitrimanjaka. Même chose pour le canal d’Andriantany, le long duquel naviguer à bord de petites embarcations fait maintenant partie des sports favoris de nombreuses familles aisées. De nouveaux ponts traversent certains points de ces fleuves. Ce sont les fruits de l’imagination débordante des urbanistes qui ont favorisé la mise en place de trames bleues dans la ville des Mille.

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En centre ville, rares sont les marchands informels et ambulants. Un grand bâtiment servant de parking à étages a été érigé sur l’ancienne esplanade d’Analakely juste à côté d’un autre grand immeuble réservé uniquement aux commerçants. Tous les produits de première nécessité y sont facilement accessibles.  Les pavillons  et les fameuses arcades d’Analakely viennent à leur tour de faire l’objet d’un grand projet de  réhabilitation tout en conservant leurs architectures originelles.

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L’architecture traditionnelle des hauts plateaux malgaches est bien conservée dans les quartiers historiques comme Andohalo et Faravohitra. La place d’Andohalo et certains bâtiments qui l’entourent comme le lycée et les églises gardent leurs formes  d’antan tandis que l’ensemble du quartier a connu un vrai lifting avec de nouveaux bâtiments bien alignés se conformant toujours au patrimoine architectural local.

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De nouveaux quartiers bien aménagés et observant les règlements d’urbanisme ont vu le jour  dans les zones périphériques d’Antananarivo, parfois suite à la démolition complète d’anciennes zones d’habitation précaires. Dans ces quartiers, les maisons d’habitation n’accaparent plus la totalité des terrains. Les espaces de loisirs, les zones boisées et les équipements communs y occupent également une place importante, tout comme les zones d’activités. La génération actuelle ne semble plus avoir aucune idée de ce qu’est un délestage tournant de la JIRAMA. Les sociétés privées de production d’eau potable et d’approvisionnement en électricité rivalisent d’imagination pour satisfaire leurs abonnés respectifs. La connexion à internet est présente dans la quasi-totalité des bâtiments voire dans les transports en commun.

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Enfin, un gigantesque projet de création d’une ligne de TGV de plus de 1000 km reliant la Ville de Diégo à celle de Toliara est en cours de finalisation, en passant bien évidemment par Antananarivo et les autres grandes villes du Pays comme Majunga et Fianarantsoa. D’autres grandes infrastructures sont sorties de terre plus récemment dont le fameux centre hospitalier d’Antohomadinika utilisant des technologies de pointe et des matériels sophistiqués dignes du troisième millénaire. Ce grand établissement n’a plus rien à envier des hôpitaux européens de renom. Il est loin le temps où tous les dirigeants de ce pays s’envolaient pour se faire soigner ou faire leur bilan de santé à l’étranger. Seuls quelques rares politiciens continuent d’agir ainsi, toute honte bue.

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Vous aurez remarqué qu’il ne s’agit que d’une situation fictive, surréaliste mais pas totalement impossible. Les plans et les images sont l’œuvre des étudiants en cinquième année du Génie Civil de l’Institut Supérieur de Technologie d’Antananarivo qui se reconnaîtront.

12 réflexions au sujet de « Antananarivo en 2050 »

  1. Bien vu! Une vision systémique, ambitieuse et surtout à portée de main. Je ne suis pas d’accord sur tout (autoroute, laisser des irresponsables enfreindre les règles. …) mais j’adhère sur le concept et surtout pour oser « rêver » d’autre chose que le minabilisme courtermiste actuel.

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  2. Tout commencer par une rêve, vision, etc, je suis entièrement d’accord. Mais par contre, j’adhère pas a cette vision « les villas individuelles des exception » évoqué dans le 3è paragraphe de l’article. Rassure-moi, on ne va pas vivre dans un pays communiste en 2050 à Mada. Merci

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  3. Ne soit pas si pessimiste mon ami, Antohomadinika sera comme ça en 2050, j’en suis sûr, et faut que tu attends 2050 pour se marier si tu veux voir ta femme accoucher dans cette nouveau hopital

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  4. Un hôpital comme ça devrait toujours avoir une salle de réanimation juste à côté du bureau du caissier pour prévenir tout risque au moment du paiement de la facture!!!

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